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vue du col de Bise

 

de St Gingolph (lac Léman) à MENTON (Méditerranée) 

 

 du 4 au 22 juillet 2004

 

Petites précautions avant le départ.

 

Vouloir faire le G.R 5 : du lac Léman à la Méditerranée en moins de 20 étapes, 

en empruntant la variante (GR52) dans la dernière partie du Mercantour et la vallée des Merveilles, 

n’est pas une prouesse, mais ce n’est pas non plus une promenade... 

 

Depuis 20 ans, j'ai à mon actif  3 GTA du Léman à Nice - 1990, 1995, 1998,

et 3 GTA du Léman à Menton - 1984, 1994, 2004. 

 

Sans oublier bien sûr : Briançon - Menton en 1988, 

camping et autonomie en 20 étapes avec mes deux fils, 

Christian et Frédéric âgés de 15, et 13 ans.

 

C’est un immense terrain de jeux, un « défouloir. »

 

 

 

En 19 jours, j'ai traversé :

les 5 départements alpins 

Haute Savoie, Savoie, Hautes Alpes, Alpes de Haute Provence, Alpes Maritimes, 

les 60 cols, collets, passages, ou baisses,

les 29 177 mètres de dénivelées positives, et 30 271 mètres de dénivelées négatives.

 

Un petit clic sur la carte pour l'agrandir

 

Mes étapes

 4 juillet : de St Gingolph à Plaine Dranse

 5 juillet : de Plaine Dranse à Salvagny

 6 juillet : de Salvagny aux Houches

 7 juillet : des Houches au Col du Bonhome

 8 juillet : du Col du Bonhome à Peisey

 9 juillet : de Peisey à Tignes

10 juillet : de Tignes à Pralognan

11 juillet : de Pralognan à Modane

12 juillet : de Modane à la Vallée Etroite

13 juillet : de la Vallée Etroite à Briançon

14 juillet : de Briançon à Ceillac

15 juillet : de Ceillac à Larche

16 juillet : de Larche à St Etienne de Tinée

17 juillet : de St Etienne de Tinée à Longon

18 juillet : de Longon à St Dalmas Valdeblore

19 juillet : de St Dalmas Valdeblore au Boréon

20 juillet : du Boréon au refuge de Nice

21 juillet : du refuge de Nice à Sospel

22 juillet : de Sospel à Menton


 

Les étapes que je décris sont mes propres temps personnels.

Ils ne doivent pas être pris comme référence.

 

Les différents fascicules et topo guides, notamment ceux de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre 

détaillent les étapes, en quatre topos :

 

Chacun est libre d’organiser sa randonnée, et ses haltes selon ses possibilités physiques et matérielles.

 

G.R 5 Haute Savoie : du Léman au Col du Bonhomme

G.R 5 Savoie : du Col du Bonhomme à Modane

G.R 5 Hautes Alpes, Alpes de Hte Provence : de Modane au col de Larche

G.R 5 - 52 Alpes maritimes : de Larche à Nice ou Menton


Avant de partir pour une Grande randonnée de ce type, une chose est primordiale :

la trousse pharmaceutique.

La mienne est composée de la façon suivante :

 

Elastoplast

Coton

Hansaplast

Petit ciseau

Double peau 

Pince à épiler

Emplâtre américain

Akiléine "NOK" anti frottement

Crème solaire

Gel anti inflammatoire 

stick lèvres

Doliprane

Lime à ongles

Bétadine

Spray anti insectes

Fil, aiguille 

 

 

HOMÉOPATHIE

4 Doses granules Arnica 9 CH

3 Doses granules Rhus Toxicodendron 30 CH

Isostar Performance Vitamines B1, et B6

Isostar Sodium récupération

Juvamine Vitamine C

Préparation Gaïacol + teinture d’iode :

(recette ci-dessous)

 

Cette recette m’a été donnée par un ami marathonien et grand spécialiste des courses en montagne : un dingue du dénivelé...

Pour les tendinites du genou, fréquentes dans les longues marches, notamment dans les éboulis, un traitement d’une extraordinaire efficacité, d’une thérapeutique très ancienne, peu coûteuse, et peu connue ; se badigeonner le genou avec un coton imprégné de la composition suivante :

pendant 15 jours si grosses douleurs, autrement deux ou trois jours suffisent. Faire préparer par le pharmacien :  3 g de Salicylate de Gaïacol (autrement dit du sel de Gaïacol) : car c'est ce dérivé qui a des propriétés anti-inflammatoires. Plus teinture d’iode glycérinée, soit environ 20 g pour un petit flacon de 10 cl.

 

 


 

Départ du G.R 5 pour les Alpes, sur le bord du lac Léman : St Gingolph à 15 km d’Evian, ce village frontière avec la Suisse est coupé en deux. Chaque partie possède son administration. Les postes douaniers n’ont pas disparu, et la surveillance est présente.

 

Côté Suisse, on accepte les Euros.

 

Côté français, et côté suisse, il y a ce qu’il faut pour se loger et passer la nuit : plusieurs hôtels à prix abordables, et même un gîte d’étape à Novel, un peu plus haut.

C’est le torrent frontalier : "la Morge" qu’il faudra suivre demain matin.


 

Un petit clic pour agrandir les photos

St Gingolph

 

 A l'aide des topos guides, et pour chaque étape j'ai inclus un tableau détaillant mes dénivellations quotidiennes :

 

Dimanche 4 juillet 2004

de St Gingolph à Plaine Dranse

 

1ère étape gigantesque qui surprend tout le monde, et pour la 5ème fois j'en suis aussi encore étonné...

 

 1ère étape

Altitudes Montées

Descentes

St Gingolph 386    
col de Bise 1907 1521  
chalet de Bise 1506   -401
Pas de la Bosse 1815 309  
Chapelle d'Abondance 1020   -795
Col des Mattes 1910 890  
L'Etrye 1697   -213
Lenlevay 1745 48  
Plaine Dranse 1783 38  

TOTAL en mètres

  2806 -1409

 

Il y a déjà un bon moment que je suis réveillé, lorsque le bip de ma montre se fait entendre à 4 heures...

Un coup d'oeil à la fenêtre pour voir que  le ciel est étoilé. Une petite douche, suivie du massage des pieds à l'Akiléine anti-frottement, quelques biscuits vitaminés B, et des abricots secs.

Me voila fin prêt : je quitte l'hôtel des Alpes à 5 heures. Pour le moment l'éclairage public me suffit ; je m'engage sous le petit pont de la voie de chemin de fer, et la petite route montant dans St Gingolph.

Un peu plus loin, un chemin caillouteux grimpe sous les arbres, et je suis obligé de me servir de ma lampe ; pas très longtemps car le bois traversé n'est pas dense, et le jour commence à poindre. 

Comme chaque fois il y a un mélange d'enthousiasme et de crainte en commençant cette GTA. Enthousiasme : parceque je me sens libre d'aller à mon gré, et crainte de ne pas faire aussi bien que les fois précédentes, alors que c'est mon souhait!

 

Je traverse le village de Novel tout endormi. 

Je ressens une douleur aux deux talons... Au bout d'un moment je m'arrête : en effet, il y a les prémices d'une ampoule à chaque talon! Ca commence bien! L'Akiléine en massage tous les matins depuis un mois, ne produit pas son effet cette fois ci!

Un bout de double peau, et elastoplast par dessus, et me voila reparti.

Le ciel est bleu! magnifique! pas un nuage.

Le sentier passe par une petite chapelle, et le petit hameau de La Planche d'où part la variante du Tour du Léman par la Dent d'Oche.

La montée est rude sur ce sentier envahit de hautes herbes. Passage aux chalets de Neuteu, autrefois un hameau en ruine, mais depuis quelques années certaines maisons sont rénovées.

 

Les douleurs aux talons se font à nouveau sentir. Forcément je ne fais que monter, et les talons en prennent un coup! En plus j'ai l'impression de ne pas avancer! je me traîne... on dirait que je n'ai pas mes jambes habituelles! C'est dur de démarrer une première journée par une longue montée de plus de 1500 mètres.

En arrivant au col de Bise, j'ai mal partout!

Grande surprise... il y a des dizaines de randonneurs qui montent des chalets de Bise! C'est dimanche, c'est vrai, et il fait beau. Moi je vais descendre ; je suis plus à l'aise que dans la montée.

 

Arrivé aux chalets : petite pause au refuge de Bise pour prendre un petit déjeuner. 

Le parking à proximité est plein il n'est même pas 10 heures! Ce n'est pas étonnant qu'il y ait tant de monde dans le coin.

 

Je profite de l'arrêt pour enlever mes chaussures, et regarder mes pieds. L'elastoplast a fichu le camp! Je n'ai pourtant pas les pieds mouillés, ni humides, mais il a glissé. La chaussette frotte contre l'ampoule. Je me dis que j'ai eu tort d'emmener des chaussettes bouclettes, confortables paraît-il... oui mais pour marcher sur du plat! Ici je n'ai fait que monter depuis 5 heures du matin. Dans les cotes, la bouclette frotte le pansement et le tire vers le bas du talon. 

Je remets un autre pansement! A cette allure, il me faudra trouver très vite d'autres "Double Peau" et Elastoplast.

 

Nouvelle montée au Pas de la Bosse : je n'ai vraiment pas la pêche habituelle ; fatigue? Je n'avance pas, et je me traîne, mais je suis content d'arriver en haut : je sais que maintenant c'est la descente par les prés, le chalet de Cheneau à l'allure abandonnée,  les alpages, les champs... tiens! un chamois gambade... la forêt de sapins, la route goudronnée, encore un parking, et la route mène à La Chapelle d'Abondance. Il est à peine midi.

 

Une pause est nécessaire : salade mixte  dans un restaurant envahi de touristes. La serveuse a compris que je ne suis pas venu pour passer la journée à table! Je suis servi "rapido". C'est un peu "léger" compte tenu des efforts à fournir, et je me rabat sur les tranches de pain complet.

 

Il faut longer la route de Châtel sur 2 km environ. Il fait très chaud, le soleil donne... 

Je retrouve le chemin à droite un peu perdu au milieu de travaux sur la route. Après avoir traversé la Dranse,  le GR grimpe en forêt par des lacets. Je redoute la montée raide : je sens que çà tire aux talons. L'elastoplast tiendra t-il?

Un petit chalet nommé "Sur Bayard", et le sentier suit la courbe de niveau d'une prairie ; moment de répit quand çà ne monte pas! 

Après ce court intermède presque plat, la montée est à nouveau très ardue jusqu'au chalet "des Crottes"... Maintenant la forêt fait place à l'alpage en grimpant encore au chalet "La Torrens".

 

Les ampoules aux talons se manifestent : j'ai l'impression que les pansements ont encore glissé. 

Mais il faut continuer la montée jusqu'au col des Mattes, et juste avant d'y arriver, il y a même un petit névé! On est à peine à 1900 mètres.

Il fallait s'y attendre : l'hiver a été très long cette année, et le temps était pourri au printemps!

J'aperçois au loin Châtel ainsi que le hameau de Plaine Dranse. Je me sens toujours aussi fatigué physiquement et les talons sont aussi douloureux. Je n'ose enlever mes chaussures, pour changer encore les pansements... 

Maintenant c'est la descente par le sentier qui décrit un arc de cercle et contourne la combe du Mont de Grange. Un large chemin en remontant doucement conduit au chalet de l'Etrye.

Le ciel s'est voilé, et le soleil a disparu ; ce n'est pas très bon signe pour demain! 

Après quelques lacets, et une courte descente, je parviens au chalet de l'Enlevay : ferme d'alpage. A ma droite au loin, les pistes de ski de Morzine Avoriaz.

Le chemin est presque plat pendant un bon moment, puis je prends un sentier à gauche : direction Grands Plans ; un peu de descente, et une petite route envahie de 4X4 remonte pour rejoindre la route du col de Bassachaux. Je redescends sur la gauche pour enfin arriver au gîte de Plaine Dranse. Il est 18 h 45 !

 

Grande surprise! un gars m'annonce que les patrons viennent de monter au col de Bassachaux, où ils ont leur restaurant et chambres! Je me sens incapable de marcher 20 minutes de plus pour y aller, alors que j'étais si près tout à l'heure à la sortie de la petite route! Le gars téléphone... "on vient vous chercher!" 

Peu de temps après une camionnette me conduit au col de Bassachaux.

 

Mme CREPY, la patronne me reconnaît : "On vous attendait, et on pensait que vous arriveriez plus tôt". 

Mais elle sait très bien que je viens de loin, car c'est la cinquième fois que je fais cette étape gigantesque! 

Je n'ai même pas le temps de prendre une douche, de me changer, et surtout d'enlever mes chaussures, je me retrouve avec un demi de bière devant moi. Les patrons prennent de mes nouvelles, m'interrogent, me questionnent, "Qu'avez vous fait depuis six ans?" D'où je viens? çà on le sait! je fais toujours St Gingolph - Plaine Dranse dans la journée, mais cette année avec plus de difficultés que les précédentes fois...

Il y a du monde dans le resto, l'ambiance est sympathique. J'ai presque plus mal nulle part! Un seul randonneur est là : il a mis 3 jours pour faire ce que j'ai fait dans la journée! mais il est chargé comme un mulet!  Son sac fait 18 kg de choses inutiles ; le mien 12 kg, et tout n'est pas utile à 100%, mais il y a 25 ans d'expérience de la montagne derrière tout çà! 

Le repas est excellent et copieux comme d'habitude : jambon cru, melon, poulet au curry riz, fromage, crème brûlée, vin. Le tout lié à l'accueil me procure un immense plaisir. 

C'est l'un des meilleurs gîtes d'étape de la GTA : beaucoup d'autres m'ont déçu, et ne valent pas la peine de s'y arrêter. Je le dirai au fil de ces journées.

Plaine Dranse est un peu en dehors du GR 5, mais celui ci passe par le col de Bassachaux au milieu des prairies et des sapins dans un cadre agréable. M. et Mme CREPY doivent construire un refuge au col afin d'éviter aux randonneurs cette partie hors GR de Plaine Dranse.

 

Pour le moment, je suis dans un petit dortoir de deux lits avec l'autre randonneur. Après dîner je ne peux que constater les dégâts aux pieds, surtout le talon droit : une ampoule grosse comme mon pouce et la chair à vif. Le pied gauche n'a rien! Je prends ma douche, et je soigne tout çà, puis je m'endors fatigué mais heureux!...

 

Col de Bassachaux

 

 

 

Lundi 5 juillet 2004

du Col de Bassachaux à Salvagny

 

2ème étape Altitudes Montées Descentes
Col de Bassachaux  1783    
Col de Chéserys 2025 242    
Col du Lac vert 2157 132  
La Poya 1653   -504
Col de Coux 1900 247  
Cote 1442 1442   -458
Col de la Golèse 1684 242  
Samoëns 700   -984
Le Fay 766 66  
Salvagny 857 91  

TOTAL en mètres

  1020 -1946

 

Ce matin je suis réveillé à 6 heures. 

Un coup de flotte sur le visage. Double peau et elastoplast aux talons, et je descends sans bruit. L'autre gars dort comme un loir! 

De gros nuages filent vite dans le ciel... M. CREPY est là : il me prépare un solide petit déj ; je vais en avoir besoin! Puis c'est l'au revoir, à bientôt pour une 7ème GTA? Pourquoi pas? mais probablement plus au même rythme : je ne me vois pas après 60 ans faire ces étapes! Quoi que.....

 

Il est 7 heures. Le chemin monte tranquillement en passant près des remontées mécaniques, des pistes de ski, et sous la crête des Rochassons. Des gouttes de pluie se mettent à tomber, suivies d'éclaircies, et à nouveau la pluie en passant au col de Chesery : frontière avec la Suisse. L'averse est violente mais brève. Le talon droit frotte! je suis sûr que l'elastoplat n'a pas tenu! Je marche en boitant, j'ai hâte d'arriver au refuge de Chesery tout proche, pour m'abriter, et voir ce pied. 

 

J'y arrive à moitié trempé : un café chaud me fait du bien. Je dois changer la double peau qui a fichu le camp et remplacer l'elastoplast ; il glisse sous le talon,  je ne sais pas pourquoi! Si cela continue l'ampoule va devenir énorme! Je mets  deux elastoplasts, l'un par dessus l'autre, mais le deuxième chevauchant sur le tendon d'Achille, afin d'éviter de faire glisser celui du dessous! Ca devient technique! 

La gardienne du refuge me regarde d'un air inquiet!...

 

A la faveur d'un rayon de soleil, je quitte le refuge, et en contournant le lac vert, un épais brouillard envahi le ciel ; si bien qu'en arrivant au col je ne vois plus rien! Il faut attendre quelques instants pour apercevoir dans le bas, le village des Crozets : petite station de ski, reliée à Châtel, et Avoriaz.

Par beau temps, de ce col du Lac Vert, la vue sur les dents du Midi est magnifique! mais il porte aussi le nom de "Porte de l'Hiver" : c'est à point nommé aujourd'hui!

 

Le chemin descend et passe devant le refuge de Champalin. A partir de là, c'est presque plat. Il faut contourner la combe en passant près des remontées mécaniques. Plusieurs petites fermes, dont celle de La Pierre où l'on peut faire une halte et déguster fromages et laitages... Vu le temps, je préfère ne pas trop traîner! En passant au chalet de La Poya, je reçois des gouttes mais je ne m'arrête pas! La montée au col de Coux me paraît longue, et à nouveau le talon droit se manifeste!...

Dans le haut du col, deux névés sans importance, mais significatif d'un long hiver, sont encore présents. Ici c'est la frontière : l'incursion en Suisse aura durée 3 heures. Le poste de douane est fermé, mais le auvent permet de s'abriter. Une nouvelle accalmie, et je décide de repartir. Descente par le sentier boueux, et raviné, parmi les aulnes ; les rhododendrons n'ont pas encore eu le temps de fleurir. 

 

Il faut bien suivre les balisages malgré qu'ils ne soient pas toujours visibles. Juste avant une grande clairière, la pancarte indiquant le col de la Golèse, est cachée derrière des arbustes, et des fourrés. On a tendance à continuer tout droit par le large chemin, au lieu de tourner carrément à gauche derrière un ruisseau!... C'est bien parce que je connais le chemin que j'évite de partir dans une fausse direction.
Il faut savoir aussi que le tracé du sentier dans la prairie, jusqu'à la Golèse, est visible depuis le col de Coux. Cela aide à se repérer.

D'autre part, les indications sont largement fausses : le refuge de la Chardonnière est indiqué à 10 mn, et 300 mètres plus bas, c'est encore 10 mn sur un autre panneau! Même chose pour le col de la Golèse : où il est inscrit 2 heures, sur des pancartes distantes de plusieurs centaines de mètres.

 

Pendant ce temps, le ciel est noir de nuages, le tonnerre gronde, et la pluie continue! Remontée par les bois, et prairies jusqu'au col de la Golèse.

Ce col est un important lieu de passage d'oiseaux migrateurs, et fréquenté par bon nombre d'ornithologues. Le refuge de la Golèse est à l'écart, caché derrière le col. La pluie a cessé, et un rayon de soleil ose se montrer! Je range ma cape dans le sac, et croque une pomme. La piste descend par les prairies, et je croise quelques randonneurs. Après un parking, la route goudronnée à travers bois continue jusqu'à une bifurcation, et un sentier sur la gauche rejoint cette route menant à Samoëns, après d'innombrables lacets.

 

Gros village touristique, son tilleul cinq fois centenaire! son église du XVe siècle  et le jardin alpin à voir.

Je prends le temps de faire une pause "Perrier citron" ; le ciel est presque bleu comme par enchantement!

 

Il faut repartir en longeant le torrent de Clévieux et tourner à gauche au bout pour suivre le bord du Giffre. Par moments le sentier s'en éloigne, passant en forêt. Après l'avoir traversé sur une passerelle, je remonte sur l'autre rive jusqu'à la Chapelle Notre Dame des Grâces, puis une clairière et ensuite se sont les gorges millénaires à traverser : des cuves creusées et usées dans le rocher. Aucun rayon de soleil ne pénètre ; le sol est recouvert d'humus, de feuilles mortes, de branchages de hêtres. Il y a plusieurs échelles à grimper dans la roche, dont une ne tient que par un piton! Le sentier monte sur une paroi, d'où l'on voit le hameau du Fay, avant de redescendre en zig-zag, et quitter cette sombre forêt. Je m'aperçois qu'il pleut! En effet, la prairie menant au Fay, est dégagée. Je remonte dans le village pour atteindre Salvagny. Il est 17 heures 10.

 

J'arrive au gîte auberge, où j'ai réservé depuis trois jours. Ce n'est plus les mêmes propriétaires qu'avant!    On m'annonce qu'exceptionnellement, il n'y a pas de repas ce soir, mais je peux aller manger au resto à côté : "le grenier de Babou" !... paraît-il sympa, bon, et pas cher! J'avais pourtant réservé en demi pension...

Je ne paye évidemment que la nuitée, et le petit déjeuner sera prêt sur un plateau dans la salle demain matin. Le soir je vais manger dans ce fameux "Grenier de Babou", visiblement sympa, décor rustique, expo de cartes postales anciennes de la région, etc... Au menu : salade capucines (composée effectivement de ces fleurs) et de crudités, gâteau cannelle, 1/2 rouge de Savoie ; c'est un peu léger pour un randonneur après une dizaine d'heures de marche! Le tout pour 21 euros! Là c'est pas léger...

De retour au gîte, je m'aperçois qu'il n'y a aucun autre randonneur, aucun touriste égaré... Les patrons ne sont pas là! J'ai le gîte de 3 étages pour moi. Mais je commence à comprendre aussi qu'ils n'ont pas voulu se casser la tête pour faire à manger à un seul quidam de passage! C'est tout au moins la déduction que j'en tire, et je ne crois pas me tromper!

Enfin bref, j'ai mangé, j'ai pris une douche en arrivant, j'ai soigné mon ampoule, et j'ai même fait ma lessive!
Une pluie battante frappe sur le velux, et des éclairs illuminent la pièce pendant qu'éclatent des coups de tonnerre tout proches.

 

Je m'endors...

 

 

 

Mardi 6 juillet 2004

 

 

Réveillé à 6 heures, il pleut toujours! je ne sais pas si je dois me lever. En plus mon ampoule ne s'arrange pas! Je me prépare quand même : j'ai nullement envie de rester ici! Je prends le temps de m'occuper de mes pieds. Double peau, elastoplast en long et en large.
Je descends dans la salle pour prendre mon petit déj préparé hier. Surprise!!! il n'y a pas de thé, mais seulement un thermos d'eau chaude! je fouille partout : rien! impossible d'aller à la cuisine, les portes sont fermées!!! j'espérais voir quelqu'un arriver, mais non!!!

Maintenant, il fait jour, et la pluie semble cesser. Il faut au moins manger mes tartines beurrées, et boire un verre d'eau "fraîche", à défaut d'autre chose! Ils ont même oublié le sucre!

 

Mon étape ici m'a coûté : 21,00 € le repas hier soir + 18,90 € la nuitée et le petit déj d'eau chaude!

J'ai connu ce gîte autrement avec les précédents propriétaires... Je regrette même de ne pas être allé à l'hôtel "le Petit Tétras" un peu plus haut : là où j'ai d'autres fois fait étape aussi... Je n'aurai pas payé beaucoup plus cher pour un meilleur service!

 

A côté du gîte "Chez Crépy" hier soir à Plaine Dranse, c'est le jour et la nuit! 

 


 

de Salvagny à Servoz

 

3ème étape

Altitudes Montées Descentes
Salvagny  857       
Collet d'Anterne 1800 943   
Chalet d'Anterne 1808 8  
Butte Anterne 2088 280  
Lac d'Anterne 2060   -28
Col d'Anterne 2264 204  
Refuge Moëde 1996   -268
Servoz 812    -1184

TOTAL en mètres

  1435 -1480

 

Il ne pleut plus, mais un épais brouillard monte sans cesse! Je vais quand même partir. Il est 8 heures et demie du matin ; c'est un départ de touriste! Je me demande si je vais arriver ce soir au bout de cette grosse étape jusqu'aux Houches! 

J'aurai dû partir vers les 5 heures du matin!

 

La petite route conduit à une scierie et après un lacet, le sentier part à gauche et coupe en plusieurs endroits les virages de la route, en passant devant la cascade du Rouget : deux énormes chutes jaillissent des rochers.

La montée continue par chemin, forêt de pins, et clairières. Ce décor est beau ; il plane une légère brume et de fines gouttelettes glissent des branches. Tout est silencieux. Je monte lentement : pour le moment je ne sens pas mon ampoule. Le sentier serpente au milieu des hautes herbes trempées, des fleurs, des petits ruisseaux dégringolant la pente, et puis les cascades de la Pleureuse et de la Sauffla surgissent entre les sapins.

 

La montée est très raide, sur un sentier boueux jusqu'au collet d'Anterne. A partir de là, le parcours est vallonné : petites montées et descentes dans les pâturages habituellement fréquentés par les moutons. Ce site est très beau : ruisseaux, vasques d'eau, fleurs innombrables sous les parois verticales de la Pointe de Sales : site d'escalade fréquenté.

 

Le plateau d'Anterne est marécageux : il faut faire attention où l'on met les pieds. 

Je fais une pause au refuge d'Anterne, pour prendre un thé ; j'ai besoin de me réchauffer! mais il est déjà presque midi! Je suis parti vraiment trop tard!

 

Il faut se remettre en route, traverser le torrent sur une planche, et remonter les buttes schisteuses 200 mètres plus haut. Le lac d'Anterne est visible en contre-bas. Plusieurs torrents bouillonnants à traverser à gué en faisant attention de ne pas chuter : je me retrouverai dans l'eau jusqu'aux mollets, l'ampoule et le pansement n'apprécieraient pas!

 

A partir de là, tout est enneigé. il faut contourner le lac, et marcher dans les traces heureusement bien visibles, car le brouillard est omniprésent, et la montée n'est pas évidente.

J'arrive au Col d'Anterne : le paysage est complètement bouché, la chaîne du Mont Blanc est dans les nuages, à droite le rocher des Fiz pourtant proche est invisible. Au bas du col, je ne vois même pas le refuge de Moëde, à moins d'une demi heure de descente!

Il est plus de 14 heures... je ne peux pas aller jusqu'aux Houches maintenant en passant par le Brévent ; je risque d'arriver la nuit!... Mon ampoule (encore elle) et mes talons ne me le pardonneraient jamais!

Je ne vais quand même pas m'arrêter ici, d'autant que je ne me sens pas trop mal physiquement! Après avoir mangé une omelette, je décide de repartir en suivant direction ouest le sentier au dessus du premier petit lac ; il longe la croupe et tourne à droite dans une descente d'éboulis, et de rochers assez rapide pour suivre une gorge. Ce sentier en balcon est abrupt et comporte des passages délicats, surtout par temps de pluie. Cependant la flore est abondante, et odorante : il se dégage de multiples parfums. Les cascades sont nombreuses. 

Au chalet "Les Ayères du Milieu", je retrouve un chemin à travers bois descendant au hameau du Mont, et par la route j'arrive à Servoz : il est déjà 17 heures 30. Il ne me reste plus qu'à attendre le bus pour Les Houches à 7 km.

Pour aujourd'hui, je n'ai plus envie de faire un pas de plus!

 

Cet itinéraire a l'avantage d'être moins long que la montée au Brévent et l'interminable descente aux Houches, quand on est limité par le temps (horaire et météo).

 

Je fais étape à l'hôtel "Les Souches Fleuries" petit hôtel abordable, et je vais dîner dans un restaurant du village.

 

 

 

Mercredi 7 juillet 2004

 

des Houches au Refuge de la Croix du Bonhomme

 

4ème étape

Altitudes Montées Descentes
Les Houches 1000    
Col de Voza 1653 653  
Bionnasay 1350   -303
Tresse 1020   -330
Les Contamines 1164 144  
Col du Bonhomme 2329 1165  
Col Croix du Bonhomme 2483 154   

TOTAL

  2116 -633

 

Je suis réveillé à 5 heures!

Mes abricots secs, et biscuits Gerblé sont nettement mieux et moins chers qu'un petit dèj à l'eau chaude!

 

J'ai pris soin de mon ampoule, en l'entourant de mon affection, et en la couvrant de mille précautions! Bétadine, double peau, Hansaplast, Elastoplast...

Il est 6 heures du matin lorsque je sors : il faut traverser Les Houches : j'ai toujours trouvé ce village "sans intérêt" ! Il n'a pas d'âme, tout en longueur une seule route le traverse, et l'autoroute en contre bas n'arrange rien : il passe mille camions par jour, et plus on monte, plus le brouhaha devient insupportable!

Cette montée à l'air anodine, est pénible : le sentier boueux, glissant, marécageux. On s'enlise.

J'arrive au Col de Voza, avec une petite pluie fine. Un grand chemin maintenant bitumé descend au hameau de Bionnassay. Le glacier et l'aiguille de Bionnassay sont entourés de nuages. Au bas du village, un sentier à gauche mène au torrent émanant du glacier, et après un petit pont il contourne la forêt de mélèzes pour parvenir dans les champs, et arriver au hameau de Champel qu'il faut traverser, et descendre jusqu'aux chalets de Tresse.

 

Je dois traverser la route de St Gervais, pour retrouver le sentier de l'autre côté qui longe à nouveau les champs, et passe par plusieurs hameaux avant d'arriver aux Contamines Montjoie. Gros village très touristique, aux activités variées. Je fais une pause casse croûte : il est presque 11 heures, et la pluie semble cesser. J'en profite aussi pour faire quelques provisions : biscuits, pommes, etc... Il n'y a plus de commerces jusqu'en Tarentaise.

 

Le petite route passe passe par le centre sportif : tennis, tir à l'arc, golf, plan d'eau, etc... mais il n'y a pas grand monde, vu le temps! 

Au fond de la vallée, Notre Dame de la Gorge, ancien ermitage de St Antoine. La chapelle date de 1702.

C’est par une ancienne voie romaine assez raide, que l’on atteint le chalet de Nant Borrant, et ensuite un large chemin mène au refuge de Balme, où la foule des promeneurs fait une pause. 

Le GR 5 qui est d'ailleurs commun avec le Tour du Mont Blanc depuis le Brévent, continue de monter, franchit des torrents sur des mamelons herbeux. Je rencontre un jeune gars, chaussures de jogging aux pieds! Il fait le Tour du Mont Blanc, parti hier des Houches... Il prend conscience des problèmes en arrivant au premier névé juste après le tumulus du plan des dames. La neige est là, les torrents bouillonnants coulent partout, et les dernières longueurs pour arriver au col du Bonhomme sont boueuses, et glissantes. De jeunes jambes ont l'air épuisées...

 

En attendant, mon ampoule au talon ne se manifeste pas! alors n'y pensons plus!!! 

Le ciel aussi a changé ; les nuages se volatilisent, et le soleil est chaud! En arrivant au col le vent souffle. 

Le sentier continue sur la gauche, en passant par des roches, et des pierriers. Par endroits il y a de gros névés, et encore des torrents, mais pas de difficultés particulières... Je rencontre des randonneurs par dizaines! Il vont tous au refuge, et moi aussi... il est trop tard pour continuer jusqu'au Plan de la Laie, comme je le voulais : à 17 heures passées je préfère m'arrêter là. 

 

Le ciel se couvre encore, et il vaut mieux traverser la crête des Gittes demain matin !

Refuge de la Croix du Bonhomme 

et la crête des Gittes

 

En arrivant, j'ai l'impression que le refuge de la Croix du Bonhomme est archi plein : des randonneurs venus de partout sont ici! italiens, suisses, belges, anglais, allemands, hollandais, et même un groupe de japonais! Finalement on m'installe dans un grand dortoir tout seul. Les petits dortoirs sont plutôt réservés aux groupes. 

 

Le pain est confectionné sur place, par les gardiens : ici on est loin de tout!

Le repas le soir : Potage, boeuf en daube, polenta, fromage de Beaufort, gâteau au chocolat, sur de grandes tables, toutes nationalités confondues : c'est très bien ainsi, et cela contribue aux échanges. Les discussions ont même tendance à durer au delà de l'extinction des feux! et c'est à la lampe frontale ou de poche que nous regagnons les dortoirs.

 

 

 

Soir sur l'aiguille du Grand Fond et sur la Crête des Gittes

 

Nous nous couchons, le vent s'est levé!

 

 

 

 

 

Jeudi 8 juillet 2004

 

du Refuge de la Croix du Bonhomme à Peisey Nancroix 

 

5ème étape

Altitudes Montées Descentes
Col Croix du Bonhomme 2483    
Crète des Gittes 2542 59  
Col de la Sauce 2306   -236
Plan de la Laie 1815   -491
Chalet Petite Berge 2072 257  
Chalets Presset 1921   -151
Col de Bresson 2469 548  
Landry 778   -1691

TOTAL

   864 -2569

 

Le petit déjeuner est prêt et pris...

A l'extérieur, le vent froid souffle : le thermomètre du refuge indique 6°. C'est peu! 

A 7 heures du matin, il va falloir se réchauffer. Le sentier descend légèrement au col de la Croix du Bonhomme, et aborde la montée de la crête des Gittes qu'il faut suivre en plein vent sur des schistes glissants, et le vide souvent de chaque côté. Malgré les nuages, la vue est magnifique sur le Beaufortain, et l'aiguille du Grand Fond, mais côté Mont Blanc tout est bouché!

Un petit névé dans la dernière pente de la crête, et arrivé au col de la Sauce, le refuge quitté depuis moins d'une heure, a disparu dans le brouillard.

La descente est agréable par le bon sentier dans les alpages, jusqu'au Plan de la Laie où passe la route des Chapieux au lac de Roselend. Je m'arrête au refuge me réchauffer et prendre un thé.

 

Le chemin passe par l'alpage de Plan Mya, et remonte parmi les rhododendrons, et les brassées de fleurs de toutes sortes. 

Le chalet de Petite Berge qui n'était qu'une ruine a été restauré. En continuant, je rejoins La Grande Berge, et déjà le ciel s'obscurcit. Dans les pâturages, les alpagistes traient des dizaines de vaches. Un peu plus bas, les chalets de Treicol, et en face la Pierre Menta se dresse verticalement. 

Le sentier continue à flanc de pente, remonte dans les aulnes, et plantes diverses largement arrosés par les torrents, et cascades débordantes de toutes parts.

 

Ce qu'il ne fallait pas faire, se produit! mon pied droit glisse sur une pierre, et je me retrouve dans l'eau jusqu'au mollet! Bravo!! La chaussure est trempée ; je sais ce qui va se passer, mais je continue... La pluie, elle, ne va pas m'attendre! il tombe des grosses gouttes, mais cela ne dure pas! Au bout de dix minutes, l'ampoule frotte et je suis incapable d'avancer! Je m'arrête, il faut changer de chaussettes et de pansement : mais est-ce nécessaire? Avec la chaussure mouillée, il ne tiendra pas longtemps. Essayons!

Je repars. C'est la grande montée d'abord dans l'herbe mouillée, les pierriers, et les névés. Je sens que çà tire au talon : évidemment çà monte!

 

 

Je suis bien content d'arriver au col de Bresson 2469 mètres.

 

Il y a une bande de jeunes emmitouflés dans leur polaire et veste! moi j'arrive en short et t'shirt... Je demande à l'un d'eux de me prendre en photo avec mon appareil.

 

Je ne m'attarde pas : la pluie arrive à nouveau, il faut mettre la cape, là çà ne rigole plus! de grosses gouttes tombent drues! Je me dis que maintenant c'est de la descente : donc mon talon ne devrait pas me faire trop de misère...

En effet, çà descend, et le pied droit est toujours mouillé. Encore des torrents à traverser ; j'essaie d'éviter de tomber encore à l'eau !... La pluie s'arrête en passant près du refuge de la Balme. La descente, toujours la descente... et le chemin plein de cailloux : les pieds se tordent dans tous les sens, et ce n'est pas de rire!

 

"Je me demande souvent pourquoi il y a des cailloux sur les chemins et pas autour?..."

 

Le talon droit, encore lui, je sens que çà frotte. Je m'arrête, il faut encore changer le pansement : allons y double peau, Elastoplast... Le pied sec, celui de ce matin aurait tenu toute la journée!

Heureusement il ne pleut plus, et le soleil fait des apparitions chaleureuses entre les nuages.

Le tracé du GR n'est pas évident, et par endroit il faut chercher un chemin souvent caché par les herbages et les plantes diverses.

On voit au loin le Mont Pourri, Bellecôte, la Pointe de l'Aliet, la vallée de Peisey Nancroix où je vais... Mais Dieu, que c'est encore loin!

Il y a de nombreux chalets d'alpages : les Chavonnes, Les Fours, La Lance. 

Plus bas, je traverse le village de Valezan : toutes les maisons suivent la même ligne de pente, et elle est pentue... il faut plus d'une demi heure pour descendre tout ce village! Je pense aux habitants qui font des allées venues toute la journée...

Soudain en quelques minutes le soleil a disparu, le ciel est noir derrière moi. Des coups de tonnerre se font entendre la haut vers le col de Bresson. 

Le chemin coupe plusieurs lacets de la route, et arrive à Bellentre : important village. La route de Bourg St Maurice passe à proximité

Après avoir traversé sous des tunnels et sur un pont, cette route, la voie de chemin de fer, et l'Isère, je suis enfin dans la vallée, qui n'a rien d'exceptionnelle, mais çà représente 1700 mètres de descente depuis le col de Bresson!

Une petite route tranquille passe au milieu des prés, et des vergers par le hameau des Granges et rejoint le village de Landry, il est 17 heures.

J'arrive pile au moment où une lueur surgit et un coup de tonnerre éclate. II se met à tomber des cordes ; j'ai juste le temps de m'abriter dans une épicerie. Un client monte à Peisey et propose de m'accompagner.

Vu le temps pourri, et l'heure, je n'hésite pas une seconde... en moins d'un quart d'heure je suis devant l'hôtel "Le Relais des 3 Stations".

J'ai toujours fait étape ici, et je ne m'en plains pas. Les propriétaires ont changé, mais l'accueil, le confort et les repas sont très bien.

Il y a un anglais, barbu, chevelu qui fait le GR 5 dans sa totalité ! il est parti de Hollande le 1er mai...

 

Peisey Nancroix est un village encore authentique. Mon premier séjour ici date du début des années 60! J'étais scout et on campait dans le jardin devant l'église. C'est toujours avec beaucoup d'émotion que je reviens en ces lieux! 

La Vanoise n'était pas un parc national, le village de Tignes était à la place du lac, Val d'Isère ne comportait que quelques chalets autour de l'église, et Champagny était un village d'alpage.

 

Vendredi 9 juillet 2004

 

de Peisey Nancroix à Tignes

 

6ème étape Altitudes Montées Descentes
Peisey Nancroix 1298    
Rosuel 1540 242  
Col du Palet 2652 1112  
Tignes Val Claret 2107   -545

TOTAL

  1354 -545

 

Cette étape est relativement courte : je l'ai voulu ainsi pour faire une transition avec les précédentes, et soigner mon ampoule qui ne s'est pas arrangée hier.

 

Il a plu toute la nuit...La météo annonce des chutes de neige au dessus de 2200 mètres. Le brouillard remonte du bas de la vallée. Je quitte Peisey relativement tard puisque j'ai le temps! 

Je rejoins Nancroix par des raccourcis qui évitent les lacets de la petite route, et qu'il faut suivre ensuite jusqu'au refuge de Rosuel : la première porte d'entrée du Parc National de la Vanoise.

 

Chose rarissime, il n'y a personne sur le sentier habituellement très fréquenté. le mauvais temps y est pour quelque chose. Cependant, la montée n'est pas désagréable.

Je passe par les gorges du Ponturin : torrent impétueux, et ensuite le plan de la Plagne, comme son nom l'indique est un plateau où paissent tranquillement quelques vaches. A droite, le ruisseau serpente au milieu des prés. Le sentier remonte légèrement et passe devant le chalet de la Plagne. Encore un petit raidillon, et dans le bas du vallon apparaît le lac triangulaire de la Plagne. 

Je retrouve l'anglais  occupé à casser la croûte! 

Parti de l'hôtel à Peisey après moi, il a fait du stop sur la route jusqu' à Rosuel, et je ne l'ai pas vu passer!...

 

Dans la montée au plan de la Grasse, une fine couche de poudreuse tapisse le sol. La météo est exacte "c'est rare"... Plus je monte, plus la couche est épaisse : par endroits il y a une dizaine de centimètres. Impensable pour un mois de juillet? Mais çà existe! 

Avec la couche de nuages, le paysage est en noir et blanc.

 

Après le lac de Gratalleu, quelques rayons de soleil arrivent à percer, et sur une butte au dessus, se trouve le refuge du Palet. Je me laisse tenter par la bonne odeur de soupe de légumes : çà réchauffe et çà fait du bien. 

 

 

Dehors, un arc en ciel s'étire juste au dessus du col.

 

Il y a un grand névé le long du col du Palet. Le soleil fait des percées de plus en plus larges, et je pousse ma balade sur la crête, avant d'aborder la descente par les pistes de ski, où l'on vient d'installer des canons à neige ! Est-ce nécessaire ici? Les remontées mécaniques défigurent bien assez le paysage...

 

Tignes est une super station l'hiver : l'espace Killy est un magnifique domaine skiable, mais alors j'ai toujours trouvé çà moche l'été... Comme toutes les stations de ski quand il n'y a pas de neige!

Chose étonnante : un important troupeau de moutons remonte vers le col du palet, alors qu'au bas se dressent les immeubles, le béton de la station, et les courts de tennis! Curieux contraste!

 

Ici aussi, pour la énième fois je m'arrête à l'hôtel de la Vanoise.