de St Gingolph (lac Léman) à MENTON (Méditerranée)
du 4 au 22 juillet 2004
Les marques GR®, GRP®, les signes de
balisage correspondants (blanc/rouge et jaune/rouge), et PR® sont des marques déposées par la Fédération Française de la randonnée pédestre.
Autorisation de reproduction 2008.
Petites précautions avant le départ.
Vouloir faire le GR® 5 : du
lac Léman à la Méditerranée en moins de 20 étapes,
en
empruntant la variante (GR® 52) dans la dernière partie du Mercantour et la
vallée des Merveilles,
n’est pas une prouesse, mais ce n’est pas non plus une
promenade...
Depuis
20 ans, j'ai à mon actif 3 GTA du Léman à Nice - 1990, 1995, 1998,
et
3 GTA du Léman à Menton - 1984, 1994, 2004. Sans
oublier bien sûr : Briançon - Menton en 1988, camping
et autonomie en 20 étapes avec mes deux fils, Christian
et Frédéric âgés de 15, et 13 ans.
C’est
un immense terrain de jeux, un « défouloir. »
En
19 jours, j'ai traversé : les
5 départements alpins Haute
Savoie, Savoie, Hautes Alpes, Alpes de Haute Provence, Alpes
Maritimes,
les
60 cols, collets, passages, ou baisses, les
29 177 mètres de dénivelées positives, et 30 271 mètres de
dénivelées négatives.
Un
petit clic sur la carte pour l'agrandir Mes
étapes 4
juillet : de St Gingolph à Plaine Dranse 5
juillet : de Plaine Dranse à Salvagny 6
juillet : de Salvagny aux Houches 7
juillet : des Houches au Col du Bonhome 8
juillet : du Col du Bonhome à Peisey 9
juillet : de Peisey à Tignes 10
juillet : de Tignes à Pralognan 11
juillet : de Pralognan à Modane 12
juillet : de Modane à la Vallée Etroite 13
juillet : de la Vallée Etroite à Briançon 14
juillet : de Briançon à Ceillac 15
juillet : de Ceillac à Larche 16
juillet : de Larche à St Etienne de Tinée 17
juillet : de St Etienne de Tinée à Longon 18
juillet : de Longon à St Dalmas Valdeblore 19
juillet : de St Dalmas Valdeblore au Boréon 20
juillet : du Boréon au refuge de Nice 21
juillet : du refuge de Nice à Sospel 22
juillet : de Sospel à Menton
Les différents fascicules et topo guides, notamment ceux de
la Fédération Française de la Randonnée Pédestre
détaillent les
étapes, en quatre topos :
Chacun est libre d’organiser sa randonnée, et ses haltes selon ses
possibilités physiques et matérielles.
Réf 504 du Léman au Mont
Blanc
Réf 530 la Vanoise
Réf 531 de Modane à Larche
Réf 507 de Larche à Nice ou
Menton
Avant de partir pour une Grande randonnée de ce type, une chose est
primordiale :
la trousse pharmaceutique.
La mienne est composée de la façon suivante :
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Elastoplast |
Coton |
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Hansaplast |
Petit ciseau |
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Double peau |
Pince à épiler |
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Emplâtre américain |
Akiléine "NOK" anti frottement |
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Crème solaire |
Gel anti inflammatoire |
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stick lèvres |
Doliprane |
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Lime à ongles |
Bétadine |
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Spray anti insectes |
Fil, aiguille |
HOMÉOPATHIE
| 4 Doses granules Arnica 9 CH |
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3 Doses granules Rhus Toxicodendron 30 CH |
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Isostar Performance Vitamines B1, et B6 |
| Isostar Sodium récupération |
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Juvamine Vitamine C |
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Préparation Gaïacol + teinture d’iode : (recette ci-dessous) |
Cette recette m’a été donnée par un ami marathonien et grand spécialiste des courses en montagne : un dingue du dénivelé...
Pour les tendinites du genou, fréquentes dans les longues marches, notamment dans les éboulis, un traitement d’une extraordinaire efficacité, d’une thérapeutique très ancienne, peu coûteuse, et peu connue ; se badigeonner le genou avec un coton imprégné de la composition suivante :
pendant 15 jours si grosses douleurs, autrement deux ou trois jours
suffisent. Faire préparer par le pharmacien :
3 g de
Salicylate de Gaïacol (autrement dit du sel de Gaïacol) : car c'est ce dérivé
qui a des propriétés anti-inflammatoires.
Plus teinture d’iode
glycérinée, soit environ 20 g pour un petit flacon de 10 cl.
Départ du G.R® 5 pour les Alpes, sur le bord du lac Léman : St Gingolph à 15 km d’Evian, ce village frontière avec la Suisse est coupé en deux. Chaque partie possède son administration. Les postes douaniers n’ont pas disparu, et la surveillance est présente.
Côté Suisse, on accepte les
Euros.
Côté français, et côté suisse, il y a ce qu’il faut pour se loger et passer la nuit : plusieurs hôtels à prix abordables, et même un gîte d’étape à Novel, un peu plus haut.
C’est le torrent frontalier : "la Morge" qu’il faudra suivre demain matin.
Un petit clic pour agrandir les photos
St Gingolph
A l'aide des topos guides, et pour chaque étape j'ai inclus un tableau détaillant mes dénivellations quotidiennes :
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Dimanche 4 juillet 2004 de St Gingolph à Plaine Dranse
1ère étape gigantesque qui surprend tout le monde, et pour la 5ème fois j'en suis aussi encore étonné...
Il y a déjà un bon moment que je suis réveillé, lorsque le bip de ma montre se fait entendre à 4 heures... Un coup d'oeil à la fenêtre pour voir que le ciel est étoilé. Une petite douche, suivie du massage des pieds à l'Akiléine anti-frottement, quelques biscuits vitaminés B, et des abricots secs. Me voila fin prêt : je quitte l'hôtel des Alpes à 5 heures. Pour le moment l'éclairage public me suffit ; je m'engage sous le petit pont de la voie de chemin de fer, et la petite route montant dans St Gingolph. Un peu plus loin, un chemin caillouteux grimpe sous les arbres, et je suis obligé de me servir de ma lampe ; pas très longtemps car le bois traversé n'est pas dense, et le jour commence à poindre. Comme chaque fois il y a un mélange d'enthousiasme et de crainte en commençant cette GTA. Enthousiasme : parceque je me sens libre d'aller à mon gré, et crainte de ne pas faire aussi bien que les fois précédentes, alors que c'est mon souhait!
Je traverse le village de Novel tout endormi. Je ressens une douleur aux deux talons... Au bout d'un moment je m'arrête : en effet, il y a les prémices d'une ampoule à chaque talon! Ca commence bien! L'Akiléine en massage tous les matins depuis un mois, ne produit pas son effet cette fois ci! Un bout de double peau, et elastoplast par dessus, et me voila reparti. Le ciel est bleu! magnifique! pas un nuage. Le sentier passe par une petite chapelle, et le petit hameau de La Planche d'où part la variante du Tour du Léman par la Dent d'Oche. La montée est rude sur ce sentier envahit de hautes herbes. Passage aux chalets de Neuteu, autrefois un hameau en ruine, mais depuis quelques années certaines maisons sont rénovées.
Les douleurs aux talons se font à nouveau sentir. Forcément je ne fais que monter, et les talons en prennent un coup! En plus j'ai l'impression de ne pas avancer! je me traîne... on dirait que je n'ai pas mes jambes habituelles! C'est dur de démarrer une première journée par une longue montée de plus de 1500 mètres. En arrivant au col de Bise, j'ai mal partout! Grande surprise... il y a des dizaines de randonneurs qui montent des chalets de Bise! C'est dimanche, c'est vrai, et il fait beau. Moi je vais descendre ; je suis plus à l'aise que dans la montée.
Arrivé aux chalets : petite pause au refuge de Bise pour prendre un petit déjeuner. Le parking à proximité est plein il n'est même pas 10 heures! Ce n'est pas étonnant qu'il y ait tant de monde dans le coin.
Je profite de l'arrêt pour enlever mes chaussures, et regarder mes pieds. L'elastoplast a fichu le camp! Je n'ai pourtant pas les pieds mouillés, ni humides, mais il a glissé. La chaussette frotte contre l'ampoule. Je me dis que j'ai eu tort d'emmener des chaussettes bouclettes, confortables paraît-il... oui mais pour marcher sur du plat! Ici je n'ai fait que monter depuis 5 heures du matin. Dans les cotes, la bouclette frotte le pansement et le tire vers le bas du talon. Je remets un autre pansement! A cette allure, il me faudra trouver très vite d'autres "Double Peau" et Elastoplast.
Nouvelle montée au Pas de la Bosse : je n'ai vraiment pas la pêche habituelle ; fatigue? Je n'avance pas, et je me traîne, mais je suis content d'arriver en haut : je sais que maintenant c'est la descente par les prés, le chalet de Cheneau à l'allure abandonnée, les alpages, les champs... tiens! un chamois gambade... la forêt de sapins, la route goudronnée, encore un parking, et la route mène à La Chapelle d'Abondance. Il est à peine midi.
Il faut longer la route de Châtel sur 2 km environ. Il fait très chaud, le soleil donne... Je retrouve le chemin à droite un peu perdu au milieu de travaux sur la route. Après avoir traversé la Dranse, le GR® grimpe en forêt par des lacets. Je redoute la montée raide : je sens que çà tire aux talons. L'elastoplast tiendra t-il? Un petit chalet nommé "Sur Bayard", et le sentier suit la courbe de niveau d'une prairie ; moment de répit quand çà ne monte pas! Après ce court intermède presque plat, la montée est à nouveau très ardue jusqu'au chalet "des Crottes"... Maintenant la forêt fait place à l'alpage en grimpant encore au chalet "La Torrens".
J'aperçois au loin Châtel ainsi que le hameau de Plaine Dranse. Je me sens toujours aussi fatigué physiquement et les talons sont aussi douloureux. Je n'ose enlever mes chaussures, pour changer encore les pansements... Maintenant c'est la descente par le sentier qui décrit un arc de cercle et contourne la combe du Mont de Grange. Un large chemin en remontant doucement conduit au chalet de l'Etrye. Le ciel s'est voilé, et le soleil a disparu ; ce n'est pas très bon signe pour demain! Après quelques lacets, et une courte descente, je parviens au chalet de l'Enlevay : ferme d'alpage. A ma droite au loin, les pistes de ski de Morzine Avoriaz. Le chemin est presque plat pendant un bon moment, puis je prends un sentier à gauche : direction Grands Plans ; un peu de descente, et une petite route envahie de 4X4 remonte pour rejoindre la route du col de Bassachaux. Je redescends sur la gauche pour enfin arriver au gîte de Plaine Dranse. Il est 18 h 45 !
Grande surprise! un gars m'annonce que les patrons viennent de monter au col de Bassachaux, où ils ont leur restaurant et chambres! Je me sens incapable de marcher 20 minutes de plus pour y aller, alors que j'étais si près tout à l'heure à la sortie de la petite route! Le gars téléphone... "on vient vous chercher!" Peu de temps après une camionnette me conduit au col de Bassachaux.
Mme CREPY, la patronne me reconnaît : "On vous attendait, et on pensait que vous arriveriez plus tôt". Mais elle sait très bien que je viens de loin, car c'est la cinquième fois que je fais cette étape gigantesque! Je n'ai même pas le temps de prendre une douche, de me changer, et surtout d'enlever mes chaussures, je me retrouve avec un demi de bière devant moi. Les patrons prennent de mes nouvelles, m'interrogent, me questionnent, "Qu'avez vous fait depuis six ans?" D'où je viens? çà on le sait! je fais toujours St Gingolph - Plaine Dranse dans la journée, mais cette année avec plus de difficultés que les précédentes fois... Il y a du monde dans le resto, l'ambiance est sympathique. J'ai presque plus mal nulle part! Un seul randonneur est là : il a mis 3 jours pour faire ce que j'ai fait dans la journée! mais il est chargé comme un mulet! Son sac fait 18 kg de choses inutiles ; le mien 12 kg, et tout n'est pas utile à 100%, mais il y a 25 ans d'expérience de la montagne derrière tout çà! Le repas est excellent et copieux comme d'habitude : jambon cru, melon, poulet au curry riz, fromage, crème brûlée, vin. Le tout lié à l'accueil me procure un immense plaisir. C'est l'un des meilleurs gîtes d'étape de la GTA : beaucoup d'autres m'ont déçu, et ne valent pas la peine de s'y arrêter. Je le dirai au fil de ces journées. Plaine Dranse est un peu en dehors du GR® 5, mais celui ci passe par le col de Bassachaux au milieu des prairies et des sapins dans un cadre agréable. M. et Mme CREPY doivent construire un refuge au col afin d'éviter aux randonneurs cette partie hors GR® de Plaine Dranse.
Pour le moment, je suis dans un petit dortoir de deux lits avec l'autre randonneur. Après dîner je ne peux que constater les dégâts aux pieds, surtout le talon droit : une ampoule grosse comme mon pouce et la chair à vif. Le pied gauche n'a rien! Je prends ma douche, et je soigne tout çà, puis je m'endors fatigué mais heureux!...
Col de Bassachaux |
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Mardi 6 juillet 2004
Réveillé à
6 heures, il pleut
toujours! je ne sais pas si je dois me lever. En plus mon ampoule ne
s'arrange pas! Je me prépare quand même : j'ai nullement
envie de rester ici! Je prends le temps de m'occuper de mes pieds.
Double peau, elastoplast en long et en large. Maintenant, il fait jour, et la pluie semble cesser. Il faut au moins manger mes tartines beurrées, et boire un verre d'eau "fraîche", à défaut d'autre chose! Ils ont même oublié le sucre!
Mon étape ici m'a coûté : 21,00 € le repas hier soir + 18,90 € la nuitée et le petit déj d'eau chaude! J'ai connu ce gîte autrement avec les précédents propriétaires... Je regrette même de ne pas être allé à l'hôtel "le Petit Tétras" un peu plus haut : là où j'ai d'autres fois fait étape aussi... Je n'aurai pas payé beaucoup plus cher pour un meilleur service!
A côté du gîte "Chez Crépy" hier soir à Plaine Dranse, c'est le jour et la nuit!
de Salvagny à Servoz
Il ne pleut plus, mais un épais brouillard monte sans cesse! Je vais quand même partir. Il est 8 heures et demie du matin ; c'est un départ de touriste! Je me demande si je vais arriver ce soir au bout de cette grosse étape jusqu'aux Houches! J'aurai dû partir vers les 5 heures du matin!
La petite route conduit à une scierie et après un lacet, le sentier part à gauche et coupe en plusieurs endroits les virages de la route, en passant devant la cascade du Rouget : deux énormes chutes jaillissent des rochers. La montée continue par chemin, forêt de pins, et clairières. Ce décor est beau ; il plane une légère brume et de fines gouttelettes glissent des branches. Tout est silencieux. Je monte lentement : pour le moment je ne sens pas mon ampoule. Le sentier serpente au milieu des hautes herbes trempées, des fleurs, des petits ruisseaux dégringolant la pente, et puis les cascades de la Pleureuse et de la Sauffla surgissent entre les sapins.
La montée est très raide, sur un sentier boueux jusqu'au collet d'Anterne. A partir de là, le parcours est vallonné : petites montées et descentes dans les pâturages habituellement fréquentés par les moutons. Ce site est très beau : ruisseaux, vasques d'eau, fleurs innombrables sous les parois verticales de la Pointe de Sales : site d'escalade fréquenté.
Il faut se remettre en route, traverser le torrent sur une planche, et remonter les buttes schisteuses 200 mètres plus haut. Le lac d'Anterne est visible en contre-bas. Plusieurs torrents bouillonnants à traverser à gué en faisant attention de ne pas chuter : je me retrouverai dans l'eau jusqu'aux mollets, l'ampoule et le pansement n'apprécieraient pas!
A partir de là, tout est enneigé. il faut contourner le lac, et marcher dans les traces heureusement bien visibles, car le brouillard est omniprésent, et la montée n'est pas évidente. J'arrive au Col d'Anterne : le paysage est complètement bouché, la chaîne du Mont Blanc est dans les nuages, à droite le rocher des Fiz pourtant proche est invisible. Au bas du col, je ne vois même pas le refuge de Moëde, à moins d'une demi heure de descente! Il est plus de 14 heures... je ne peux pas aller jusqu'aux Houches maintenant en passant par le Brévent ; je risque d'arriver la nuit!... Mon ampoule (encore elle) et mes talons ne me le pardonneraient jamais! Je ne vais quand même pas m'arrêter ici, d'autant que je ne me sens pas trop mal physiquement! Après avoir mangé une omelette, je décide de repartir en suivant direction ouest le sentier au dessus du premier petit lac ; il longe la croupe et tourne à droite dans une descente d'éboulis, et de rochers assez rapide pour suivre une gorge. Ce sentier en balcon est abrupt et comporte des passages délicats, surtout par temps de pluie. Cependant la flore est abondante, et odorante : il se dégage de multiples parfums. Les cascades sont nombreuses. Au
chalet "Les Ayères du Milieu", je retrouve un chemin à
travers bois descendant au hameau du Mont, et par la route j'arrive à
Servoz : il est déjà 17 heures 30. Il ne me reste plus qu'à attendre
le bus pour Les Houches à 7 km. Pour aujourd'hui, je n'ai plus envie de faire un pas de plus!
Cet itinéraire a l'avantage d'être moins long que la montée au Brévent et l'interminable descente aux Houches, quand on est limité par le temps (horaire et météo).
Je fais étape à l'hôtel "Les Souches Fleuries" petit hôtel abordable, et je vais dîner dans un restaurant du village.
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Mercredi 7 juillet 2004
des Houches au Refuge de la Croix du Bonhomme
Je suis réveillé à 5 heures! Mes abricots secs, et biscuits Gerblé sont nettement mieux et moins chers qu'un petit dèj à l'eau chaude!
J'ai pris soin de mon ampoule, en l'entourant de mon affection, et en la couvrant de mille précautions! Bétadine, double peau, Hansaplast, Elastoplast... Il est 6 heures du matin lorsque je sors : il faut traverser Les Houches : j'ai toujours trouvé ce village "sans intérêt" ! Il n'a pas d'âme, tout en longueur une seule route le traverse, et l'autoroute en contre bas n'arrange rien : il passe mille camions par jour, et plus on monte, plus le brouhaha devient insupportable! Cette montée à l'air anodine, est pénible : le sentier boueux, glissant, marécageux. On s'enlise. J'arrive
au Col de Voza, avec une petite pluie fine. Un grand chemin maintenant
bitumé descend au hameau de Bionnassay. Le glacier et l'aiguille de
Bionnassay sont entourés de nuages.
Je dois traverser la route de St Gervais, pour retrouver le sentier de l'autre côté qui longe à nouveau les champs, et passe par plusieurs hameaux avant d'arriver aux Contamines Montjoie. Gros village très touristique, aux activités variées. Je fais une pause casse croûte : il est presque 11 heures, et la pluie semble cesser. J'en profite aussi pour faire quelques provisions : biscuits, pommes, etc... Il n'y a plus de commerces jusqu'en Tarentaise.
Le petite route passe passe par le centre sportif : tennis, tir à l'arc, golf, plan d'eau, etc... mais il n'y a pas grand monde, vu le temps! Au fond de la vallée, Notre Dame de la Gorge, ancien ermitage de St Antoine. La chapelle date de 1702. C’est par une ancienne voie romaine assez raide, que l’on atteint le chalet de Nant
Borrant, et ensuite un large chemin mène au refuge de Balme, où la foule des
promeneurs fait une pause. Le GR® 5 qui est d'ailleurs commun avec le Tour du Mont Blanc depuis le Brévent, continue de monter, franchit des torrents sur des mamelons herbeux. Je rencontre un jeune gars, chaussures de jogging aux pieds! Il fait le Tour du Mont Blanc, parti hier des Houches... Il prend conscience des problèmes en arrivant au premier névé juste après le tumulus du plan des dames. La neige est là, les torrents bouillonnants coulent partout, et les dernières longueurs pour arriver au col du Bonhomme sont boueuses, et glissantes. De jeunes jambes ont l'air épuisées...
En attendant, mon ampoule au talon ne se manifeste pas! alors n'y pensons plus!!! Le ciel aussi a changé ; les nuages se volatilisent, et le soleil est chaud! En arrivant au col le vent souffle. Le sentier continue sur la gauche, en passant par des roches, et des pierriers. Par endroits il y a de gros névés, et encore des torrents, mais pas de difficultés particulières... Je rencontre des randonneurs par dizaines! Il vont tous au refuge, et moi aussi... il est trop tard pour continuer jusqu'au Plan de la Laie, comme je le voulais : à 17 heures passées je préfère m'arrêter là.
Le pain est confectionné sur place, par les gardiens : ici on est loin de tout! Le repas le soir : Potage, boeuf en daube, polenta, fromage de Beaufort, gâteau au chocolat, sur de grandes tables, toutes nationalités confondues : c'est très bien ainsi, et cela contribue aux échanges. Les discussions ont même tendance à durer au delà de l'extinction des feux! et c'est à la lampe frontale ou de poche que nous regagnons les dortoirs.
Nous nous couchons, le vent s'est levé!
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Jeudi 8 juillet 2004
du Refuge de la Croix du Bonhomme à Peisey Nancroix
Le petit déjeuner est prêt et pris... A l'extérieur, le vent froid souffle : le thermomètre du refuge indique 6°. C'est peu! A
7 heures du matin, il va falloir se réchauffer. Le sentier descend
légèrement au col de la Croix du Bonhomme, et aborde la montée de la
crête des Gittes qu'il faut suivre en plein vent sur des schistes
glissants, et le vide souvent de chaque côté. Malgré les nuages, la vue
est magnifique sur le Beaufortain, et l'aiguille du Grand Fond, mais
côté Mont Blanc tout est bouché! Un petit névé dans la dernière pente de la crête, et arrivé au col de la Sauce, le refuge quitté depuis moins d'une heure, a disparu dans le brouillard. La descente est agréable par le bon sentier dans les alpages, jusqu'au Plan de la Laie où passe la route des Chapieux au lac de Roselend. Je m'arrête au refuge me réchauffer et prendre un thé.
Le
chemin passe par l'alpage de Plan Mya, et remonte parmi les rhododendrons,
et les brassées de fleurs de toutes sortes. Le chalet de Petite Berge qui n'était qu'une ruine a été restauré. En continuant, je rejoins La Grande Berge, et déjà le ciel s'obscurcit. Dans les pâturages, les alpagistes traient des dizaines de vaches. Un peu plus bas, les chalets de Treicol, et en face la Pierre Menta se dresse verticalement. Le sentier continue à flanc de pente, remonte dans les aulnes, et plantes diverses largement arrosés par les torrents, et cascades débordantes de toutes parts.
Ce qu'il ne fallait pas faire, se produit! mon pied droit glisse sur une pierre, et je me retrouve dans l'eau jusqu'au mollet! Bravo!! La chaussure est trempée ; je sais ce qui va se passer, mais je continue... La pluie, elle, ne va pas m'attendre! il tombe des grosses gouttes, mais cela ne dure pas! Au bout de dix minutes, l'ampoule frotte et je suis incapable d'avancer! Je m'arrête, il faut changer de chaussettes et de pansement : mais est-ce nécessaire? Avec la chaussure mouillée, il ne tiendra pas longtemps. Essayons! Je repars. C'est la grande montée d'abord dans l'herbe mouillée, les pierriers, et les névés. Je sens que çà tire au talon : évidemment çà monte!
Je ne m'attarde pas : la pluie arrive à nouveau, il faut mettre la cape, là çà ne rigole plus! de grosses gouttes tombent drues! Je me dis que maintenant c'est de la descente : donc mon talon ne devrait pas me faire trop de misère... En effet, çà descend, et le pied droit est toujours mouillé. Encore des torrents à traverser ; j'essaie d'éviter de tomber encore à l'eau !... La pluie s'arrête en passant près du refuge de la Balme. La descente, toujours la descente... et le chemin plein de cailloux : les pieds se tordent dans tous les sens, et ce n'est pas de rire!
"Je me demande souvent pourquoi il y a des cailloux sur les chemins et pas autour?..."
Le talon droit, encore lui, je sens que çà frotte. Je m'arrête, il faut encore changer le pansement : allons y double peau, Elastoplast... Le pied sec, celui de ce matin aurait tenu toute la journée! Heureusement il ne pleut plus, et le soleil fait des apparitions chaleureuses entre les nuages. Le
tracé du GR® n'est pas évident, et par endroit il faut chercher un chemin
souvent caché par les herbages et les plantes diverses. On voit au loin le Mont Pourri, Bellecôte, la Pointe de l'Aliet, la vallée de Peisey Nancroix où je vais... Mais Dieu, que c'est encore loin! Il y a de nombreux chalets d'alpages : les Chavonnes, Les Fours, La Lance. Plus bas, je traverse le village de Valezan : toutes les maisons suivent la même ligne de pente, et elle est pentue... il faut plus d'une demi heure pour descendre tout ce village! Je pense aux habitants qui font des allées venues toute la journée... Soudain en quelques minutes le soleil a disparu, le ciel est noir derrière moi. Des coups de tonnerre se font entendre la haut vers le col de Bresson. Le chemin coupe plusieurs lacets de la route, et arrive à Bellentre : important village. La route de Bourg St Maurice passe à proximité Après avoir traversé sous des tunnels et sur un pont, cette route, la voie de chemin de fer, et l'Isère, je suis enfin dans la vallée, qui n'a rien d'exceptionnelle, mais çà représente 1700 mètres de descente depuis le col de Bresson! Une petite route tranquille passe au milieu des prés, et des vergers par le hameau des Granges et rejoint le village de Landry, il est 17 heures. J'arrive pile au moment où une lueur surgit et un coup de tonnerre éclate. II se met à tomber des cordes ; j'ai juste le temps de m'abriter dans une épicerie. Un client monte à Peisey et propose de m'accompagner. Vu le temps pourri, et l'heure, je n'hésite pas une seconde... en moins d'un quart d'heure je suis devant l'hôtel "Le Relais des 3 Stations". J'ai toujours fait étape ici, et je ne m'en plains pas. Les propriétaires ont changé, mais l'accueil, le confort et les repas sont très bien. Il y a un anglais, barbu, chevelu qui fait le GR® 5 dans sa totalité ! il est parti de Hollande le 1er mai...
Peisey Nancroix est un village encore authentique. Mon premier séjour ici date du début des années 60! J'étais scout et on campait dans le jardin devant l'église. C'est toujours avec beaucoup d'émotion que je reviens en ces lieux! La Vanoise n'était pas un parc national, le village de Tignes était à la place du lac, Val d'Isère ne comportait que quelques chalets autour de l'église, et Champagny était un village d'alpage. |
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Vendredi 9 juillet 2004
de Peisey Nancroix à Tignes
Cette étape est relativement courte : je l'ai voulu ainsi pour faire une transition avec les précédentes, et soigner mon ampoule qui ne s'est pas arrangée hier.
Il a plu toute la nuit...La météo annonce des chutes de neige au dessus de 2200 mètres. Le brouillard remonte du bas de la vallée. Je quitte Peisey relativement tard puisque j'ai le temps! Je rejoins Nancroix par des raccourcis qui évitent les lacets de la petite route, et qu'il faut suivre ensuite jusqu'au refuge de Rosuel : la première porte d'entrée du Parc National de la Vanoise.
Chose
rarissime, il n'y a personne sur le sentier habituellement très
fréquenté. le mauvais temps y est pour quelque chose. Cependant, la
montée n'est pas désagréable. Je passe par les gorges du Ponturin : torrent impétueux, et ensuite le plan de la Plagne, comme son nom l'indique est un plateau où paissent tranquillement quelques vaches. A droite, le ruisseau serpente au milieu des prés. Le sentier remonte légèrement et passe devant le chalet de la Plagne. Encore un petit raidillon, et dans le bas du vallon apparaît le lac triangulaire de la Plagne. Je retrouve l'anglais occupé à casser la croûte! Parti de l'hôtel à Peisey après moi, il a fait du stop sur la route jusqu' à Rosuel, et je ne l'ai pas vu passer!...
Dans la montée au plan de la Grasse, une fine couche de poudreuse tapisse le sol. La météo est exacte "c'est rare"... Plus je monte, plus la couche est épaisse : par endroits il y a une dizaine de centimètres. Impensable pour un mois de juillet? Mais çà existe! Avec la couche de nuages, le paysage est en noir et blanc.
Après le lac de Gratalleu, quelques rayons de soleil arrivent à percer, et sur une butte au dessus, se trouve le refuge du Palet. Je me laisse tenter par la bonne odeur de soupe de légumes : çà réchauffe et çà fait du bien. |