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Gentianes jaunes
La montée au col du Blainon par les pistes de ski n’est pas désagréable puisque il faut passer par la forêt, en dehors de toutes remontées mécaniques.
J’étais prêt à repartir, lorsqu’enfin il émerge, les cheveux ébouriffés. Nous déjeunons, les deux filles et moi. J’ai bien fait d’attendre ! Il y a abondance de pain, beurre, confiture, etc... et les nanas super sympa ! Elles pourraient être mes filles....
Nous repartons ensemble. Encore, des moutons, des ânes et des bergers avec qui nous discutons un bon moment ! La montée au col de Crousette est lente et
pénible, puis nous arrivons sur un replat herbeux avec un ruisseau :
nouveau micro décor idyllique ; je resterai bien ici avec les filles... (Carine et Julie). Le ciel est d’un bleu parfait, le soleil rayonnant.
vers
le col de Crousette
Après avoir traversé un long pierrier nous arrivons au col de Crousette.
Le sentier schisteux à flanc de pente remonte à la Stèle Valette : monument élevé à la mémoire d’un chasseur alpin.
Les deux filles soufflent, et suent. C’est vrai qu’elles sont plus chargées que moi, mais elles ont vraiment envie de s’accrocher à mon rythme.
Très bien, enfin je trouve du répondant. C’est même elles qui décident de repartir.
Nous descendons à travers un sentier caillouteux. C’est aussi sec que le Larzac ! fini la verdure d’avant le col de Crousette !
Arrivés au col de Moulines, le paysage devient un peu plus verdoyant, et la descente agréable avec des torrents tout le long du vallon de la Gourgette ! Nous refaisons le plein de nos
gourdes. Il fait très chaud !
Les mouches tournoient toujours, et nous collent! On en écrase des dizaines!...
Une remontée parmi des brassées de fleurs, et les filles sont à nouveau écarlates !
Elles tiennent le coup ? ou elles me font le coup des minettes baroudeuses ?
le vallon de la Gourgette
On arrive aux Portes de Longon, vaste ouverture sur une prairie sans fin,
où les vaches ruminent couchées. Un peu plus loin, l'ancienne vacherie de
Roure, devenu gîte d’étape géré par la commune de Roure. Je pensais que Carine et Julie en avaient leurs claques, et s’arrêteraient ici !
Mais non ! elles veulent continuer avec moi ! c’est bien la première fois de ma vie que deux super nanas me collent aux fesses.
On continue la descente à travers bois. Du coup, je commence à avoir une ampoule au talon gauche.
Nous arrivons au hameau de Rougios : des chalets en ruine aux pierres rouges sanguines, ensuite un chemin forestier aboutit sur une sente au milieu des buissons et des ronces, passage délicat. Les deux copines s’en sortent à merveille ; c’est moi qui ai l’air de piétiner. Naturellement elles habitent les alpes de haute Provence, et sont souvent par monts et par vaux dans le coin.
Nous voici à Roure, petit village accroché à la montagne. Julie et Carine sont K.O debout ! cette fois elles arrêtent là ! le gîte d’étape est à côté. Je préfère ne pas interrompre la descente et continuer une petite heure de plus ! On se fait la bise et hop !... je poursuis seul, sur le sentier,
"qui tue les doigts de pieds ! "
Rougios
J’arrive complètement ratatiné à St Sauveur sur Tinée.....
Il y a la fête dans le village, le bal ce soir, la fanfare, les danses folkloriques.
Le seul hôtelier n’a pas le temps de s’occuper de ses chambres. Il n’a soit disant plus de place !
Le restaurant? Fermé ! l’autre resto? ils ne servent que les musiciens !....
Bravo ! et les touristes alors ?
Je suis obligé de me contenter de deux sandwichs et une bière, en écoutant les guitares électriques et l’accordéon.
C’est pas vraiment ce que je souhaitais après avoir fait exactement 11h 25 de marche sans les pauses, et seulement le petit dej à Roya !
Je regrette de ne pas être resté avec les filles là haut à Roure!
Le comble : le gîte d’étape en sous sol avec un vasistas au ras du trottoir sur une impasse, puant l’humidité, le renfermé, est
envahit par le groupe de jeunes musiciens qui font le
cirque tard la nuit, et tôt le matin en rentrant. (*)
J’avais besoin de
repos...
Je suis debout à 4 heures préférant me mettre en marche plutôt que de rester dans ce souk !
(*)
Depuis quelques années ce gîte n'existe plus : il y a maintenant un gîte
d'étape confortable à l'entrée de St Sauveur sur Tinée.
Dimanche 19 Juillet 1998
Plus de randonneurs par ici !
le Brec d'Utelle
Après une petite route goudronnée dans une agréable forêt, passage aux cols d’Andrion, et des
Fournés. Le GR® 5 redevenu sentier, remonte sur une crête.
Ici, il n’y a plus personne. « les Gétéiste, et Géèristes, » (nom que j’ai donné à ceux qui font la
G.T.A, ou le G.R®), en grande majorité ne vont pas plus loin que St Sauveur ou St
Dalmas.
Nouveau col ; celui de Grateloup. Je traverse une prairie d’herbe sèche. Quelques chèvres se blottissent à l’ombre sous les arbres. Ma gourde est encore vide ! Il n’y a plus d’eau, bien au contraire, le terrain devient de plus en plus sec et caillouteux.
Il faut grimper dans les rochers et les éboulis, pour passer entre deux parois du Brec d’Utelle. Le paysage est superbe.
Je recommence à avoir les doigts de pieds « en capilotade » dans la descente de l’autre côté avec les cailloux.
Le sentier contourne une combe, passe au col de Mei, sous un rocher en forme de château fort : le Castel
Gineste, où Masséna hissa paraît il un canon en 1793 !
Le chemin de pierres descend toujours, et traverse d’anciennes cultures en terrasses.
Utelle apparaît dans une légère brume de chaleur. Ce village autrefois prospère, est construit sur un éperon au bout de l’ancienne route muletière de Nice.
Je fais étape à l’hôtel Bellevue (*), seul établissement, très calme ; nous sommes trois clients .
Le jardin ombragé et la piscine procure une détente bien méritée pour cette avant dernière étape.
(*)
Après 1998, l'Hôtel Bellevue a été transformé en résidence hôtelière. Gîte
d'étape communal dans le village. Egalement
gîte au sanctuaire de la Madone d'Utelle à une heure de marche du village.
Arrivée à Utelle.
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Suite dans les collines niçoises