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Samedi 11 Juillet 1998
En partant de Peisey à 9 h moins dix, j’ai l’impression de jouer aux touristes! J’avais surtout envie d’avoir une nuit à peu près normale. Le soleil se montre entre deux nuages. Je choisis de suivre une partie de la route et couper les lacets par des petits sentiers, pour passer à Nancroix, où j’achète quelques pommes. Ensuite le hameau des Lanches, puis Rosuel, et son refuge qui avait une allure futuriste et critiquée au début des années 80. C’est la porte d’entrée du Parc National de la Vanoise.
Je fais une pause « grand café », et j’en profite pour téléphoner au refuge de la Leisse, où je dois être ce soir.
"Vous êtres fou monsieur! Vous ne serez jamais ici avant 10 heures du soir, en partant de Rosuel maintenant !" En voila une qui ne me connaît pas! Je me remets en route. Il y a beaucoup de monde dans cette montée ; principalement des familles qui vont au lac de la Plagne, passer la journée.
Malgré les nuages, le temps est assez beau, et il fait chaud. Le débit des torrents est assez important.
Je suis frigorifié. Les gardiens me proposent un potage, que j’accepte bien volontiers.
Me voila réchauffé pour repartir ; petite montée au col. Cette année il n’y a pas le névé habituel ici aussi. Ensuite longue descente par les pistes de ski de Tignes, au milieu des pylônes, des cailloux et des tranchées creusées pour l’écoulement de la pluie. Maintenant on peut contourner Val Claret et éviter de se balader au milieu des buildings, des tennis, etc... si on a rien à y faire.
Le sentier longe le vallon du Paquier pour remonter au col de Fresse. Il fait plus chaud de ce côté, et le soleil se montre plus généreux! Il
y a des Edelweiss et des Asters derrière un monticule, et au lointain le Mont Blanc se dégage très nettement.
Asters des Alpes
Je retrouve le couple Suisse assis sur un talus : casse-croûte et sieste! "Comment faites vous pour être toujours devant, alors que vous partez après moi?" Ils font du stop ou du bus, chaque fois qu’il y a une route goudronnée, les tricheurs!
Nous arrivons au refuge de la Leisse à 17 h 30. La gardienne est estomaquée : en riant : " je suis le fou qui a téléphoné de Rosuel ce matin! ".
Enfin! Je suis heureux d’être dans un refuge comme on aime en voir : paysage magnifique dans ce vallon de la Leisse entre Grande Motte et Grande Casse.
Accueil sympathique repas du soir excellent. Potage, polenta bœuf bourguignon, fromage, salade de fruits, le tout en quantité. Avec Philippe et Anne Claude on s’envoie une bouteille de Mondeuse fort sympathique.
Il y a du monde ; le refuge est
pratiquement plein, on va se tenir chaud car dehors il souffle un petit vent
glacé.
Dimanche 12 Juillet 1998
On est les champions!
Le vent n’a pas faibli, et le temps est à nouveau nuageux. Après le petit déjeuner nous partons tous les trois.
Le vallon de la Leisse regorge de marmottes qui courent dans tous les sens, en lançant leur cri strident. Cette partie est beaucoup plus pierreuse, et les éboulis proviennent surtout des avalanches de la Grande Casse.
Le torrent est bouillonnant ; de l’autre côté de la rive, un chamois nous observe inquiet, avant de détaler à toute allure pour se confondre avec les rochers. Nous passons sur le pont en pierres de Croe-Vie.
Anne-Claude et Philippe font une pause, et je continue seul. Arrivé au Blockhaus, je m’arrête pour les attendre, car la montée est dure. Ici le vent est glacial, et je ne tarde pas à repartir. Dans la montée près du col de la Vanoise, le lac rond semble perdre son niveau chaque année. Le vent souffle, mais a pour effet de chasser les nuages.
Je passe au refuge Félix Faure sans m’y arrêter : il y a trop de monde. A côté, le lac long et son eau verdâtre. Il faut encore suivre des éboulis, provenant de la moraine de la Grande Casse. On voit des cordées sur le glacier des grands couloirs.
Un peu plus bas je retrouve un chemin piste de ski, que je laisse peu après au profit d’un sentier à travers bois, menant au cirque de l’Arcelin.
Courte étape aujourd’hui ; j’en profite pour me reposer. Je retrouve Anne Claude et Philippe faisant des emplettes. Ils sont au même hôtel que moi. Eux non plus n’ont pas voulu rater la finale de la coupe du monde de foot. Le soir nous mangeons vite pour nous caler devant la télé du salon, envahit par les clients comme on s’en doute!
Nul ne le regrettera : après un match fantastique, France 3 - Brésil 0. Mémorable!!! C’est la fête partout : on boit, on rit, on danse. « Pralo est en effervescence ». Oui vraiment, les femmes jeunes et moins jeunes s’intéressent au foot cette année. Je trouve cela très bien. Ce soir encore j’ai du mal à trouver le sommeil. Mais tant pis, de tels événements ne se produisent pas tous les ans. Dommage!
Philippe et Anne-Claude ont décidé de rester un jour de plus à Pralognan.
Lundi 13 juillet 1998
Après l’effort, la récompense...
Je n’ai aucun mal à être debout vers 4 heures du matin!.... et prendre dans ma chambre, le petit dej super copieux , que m’a préparé par la patronne hier soir.
A 5 h et quart, je quitte Pralo endormi, éteint, et sûrement fatigué par la nuit agitée qu’il a vécu. En tous cas, le ciel est parfaitement dégagé, et les dernières étoiles s’éteignent lentement, laissant la place à une lueur bleutée. Le chemin est facile, presque plat, jusqu’au hameau des Prioux, et ensuite le pont de la pêche sur le torrent "le Doron de Chavière". A partir d’ici, la montée est un peu plus raide. Le temps est frais. Tout le long du vallon, les rebords ourlés des grands glaciers de la Vanoise sont figés entre les roches, et semblent retenus par elles.
En face, la pointe de l’Echelle, la pointe de l’Observatoire aux rochers gris verts. Le ciel est toujours bleu, et le soleil présent. La montée au col de Chavière ne pose aucun problème : à peine un petit névé avant le dernier raidillon.
Longue, très longue descente dans la forêt, par un chemin caillouteux : les pieds se tordent dans tous les sens; et ce n’est pas de rire!....
Depuis le col jusqu’à Modane, plus de 1800 mètres! Les bouts des doigts de pieds commencent à crier "au massacre!" Pendant ce temps le ciel s’est obscurcit.
En arrivant à Modane, je décide de prendre un taxi pour rejoindre le Charmaix, ceci afin d’éviter une pénible montée escarpée à travers bois, et avec un temps incertain. En fait, le taxi me mène aux chalets des Herbiers : je gagne 2 heures de marche. (Première entorse dans ma GTA).
Quelques lacets pour parvenir au lieu dit « le Lavoir », vaste bassin avec une retenue d’eau. Nouvelle montée assez raide, et près du chalet de la Loza, le sentier part à gauche au milieu de pâturages. L’herbe ici est déjà plus sèche que les jours précédents : on sent une différence de climat. Pourtant, avant d’avoir traversé la combe menant au refuge du Mont Thabor, je reçois les premières gouttes d’une pluie qui ne s’arrêtera pas de la soirée et de la nuit. Le refuge du Mont Thabor est plein. Surtout fréquenté par des rochassiers pratiquants l’escalade entre le Thabor et le Cheval Blanc, tous se sont rabattus à l’abri.
Les tartes aux myrtilles sont tentantes et exquises! Le soir chacun commente la soirée d’hier : finale de la coupe du monde bien sûr!
Lac Ste Marguerite près du Thabor.
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